SELARL unipersonnelle : peut-on être seul associé et est-ce vraiment pertinent en 2026 ?

Créer une SELARL est une solution envisagée par de nombreuses professions libérales. Mais est-il possible d'exercer seul, et dans quels cas est-ce pertinent ?

PM
PMC Expertise Comptable
Professionnel de santé en libéral, SELARL

La SELARL, Société d'Exercice Libéral à Responsabilité Limitée, est la structure juridique de référence pour les professions libérales réglementées souhaitant exercer sous forme sociétaire. Une question revient régulièrement dans nos consultations : est-il possible de créer une SELARL en étant seul ? Et si oui, est-ce vraiment pertinent en 2026 ?

Peut-on être seul associé dans une SELARL ?

La réponse est oui, sans ambiguïté. La loi française autorise la création d'une SELARL unipersonnelle, sur le même modèle que l'EURL pour les activités commerciales. Un seul associé peut détenir l'intégralité des parts sociales et exercer seul sa profession au sein de la structure.

Cette option est régulièrement utilisée par les médecins, chirurgiens-dentistes, kinésithérapeutes, infirmiers, podologues et vétérinaires souhaitant structurer leur activité de façon plus efficace, sans nécessairement s'associer avec un confrère.

Les avantages fiscaux de la SELARL unipersonnelle

L'impôt sur les sociétés

La SELARL est par défaut soumise à l'impôt sur les sociétés. Cela permet au professionnel de fixer sa rémunération de gérant, seul montant soumis aux cotisations sociales et à l'impôt sur le revenu. Le bénéfice conservé dans la société est taxé à 15 % jusqu'à 42 500 euros, puis à 25 % au-delà, ce qui est souvent très inférieur au taux marginal applicable à l'IR d'un praticien exerçant en EI.

La dissociation rémunération et résultat

En entreprise individuelle, la totalité du bénéfice est imposée. En SELARL, le gérant décide chaque année du montant de sa rémunération. Le solde reste dans la société à une fiscalité réduite, disponible pour des investissements futurs, la constitution d'une réserve de trésorerie ou une distribution ultérieure de dividendes.

Comparaison avec l'entreprise individuelle

La comparaison avec l'EI est souvent favorable à la SELARL dès que les revenus annuels dépassent 80 000 à 100 000 euros environ. En dessous de ce seuil, les coûts de gestion de la société peuvent annuler les avantages fiscaux. Il est donc indispensable de simuler les deux situations avant de prendre une décision.

Pour un praticien dégageant 150 000 euros de bénéfices avec une rémunération fixée à 90 000 euros, l'économie sur les cotisations sociales et l'impôt peut représenter 15 000 à 25 000 euros par an, justifiant largement les coûts de structure.

Quand la SELARL unipersonnelle est-elle pertinente ?

La SELARL devient un choix pertinent dans trois situations principales. Premièrement, lorsque les revenus sont suffisamment élevés pour que l'économie fiscale dépasse les frais de gestion. Deuxièmement, lorsqu'il existe un projet de capitalisation dans la structure : constituer une épargne à fiscalité réduite, financer un achat immobilier professionnel ou préparer une association future. Troisièmement, lorsque la séparation du patrimoine personnel et professionnel est une priorité.

Elle est moins pertinente pour les praticiens dont les revenus sont modestes, ceux en début d'activité avec des résultats incertains, ou ceux qui ont besoin de la totalité de leur trésorerie pour leurs dépenses personnelles et ne peuvent pas laisser des fonds dans la société.

La SELARL en 2026 : toujours pertinente ?

En 2026, la SELARL reste une structure fiscalement efficace. Les taux de l'IS n'ont pas été relevés, le taux réduit de 15 % s'applique toujours jusqu'à 42 500 euros de bénéfices. Les professions réglementées continuent de bénéficier d'un cadre juridique stable adapté à leurs contraintes spécifiques.

Un point de vigilance : les droits à la retraite d'un gérant de SELARL se constituent sur la base de sa rémunération, pas sur le bénéfice total de la société. Une rémunération trop faible peut réduire les droits à la retraite. Il faut donc calibrer la rémunération en tenant compte à la fois des objectifs fiscaux et de la protection sociale souhaitée.

La SELAS : l'alternative à connaître

La SELAS, Société d'Exercice Libéral par Actions Simplifiée, est l'autre grande forme sociétaire pour les professions libérales. Elle reprend le cadre de la SAS en l'adaptant aux exigences des ordres professionnels. Comme la SELARL, elle peut être unipersonnelle (SELASU).

La SELAS offre plus de souplesse statutaire et convient particulièrement aux structures multi-associés ou aux professions nécessitant une gouvernance complexe. En contrepartie, la rémunération du président de SELAS relève du régime des assimilés-salariés, avec des cotisations sociales plus élevées que celles du gérant majoritaire de SELARL.

Pour la majorité des professions de santé exerçant seules, la SELARL reste la structure la plus adaptée. La SELAS est plutôt indiquée pour les groupes pluri-professionnels, les structures avec plusieurs associés ou les professions pour lesquelles le statut assimilé-salarié est préféré.

Guide de décision : SELARL, SELAS ou EI ?

Trois questions permettent d'orienter le choix. Première question : vos revenus nets dépassent-ils régulièrement 90 000 euros ? Si non, la SELARL présente peu d'intérêt sur le plan fiscal. Si oui, passez à la question suivante.

Deuxième question : avez-vous un projet de capitalisation dans la structure ou souhaitez-vous protéger votre patrimoine personnel ? Si oui, la SELARL mérite sérieusement d'être envisagée. Si votre principal besoin est une gouvernance souple avec plusieurs associés, étudiez la SELAS.

Troisième question : pouvez-vous laisser une partie de vos bénéfices dans la société sans les distribuer immédiatement ? Si vos charges personnelles absorbent la totalité de votre bénéfice actuel, la SELARL n'apportera pas les avantages escomptés, faute de bénéfices à conserver dans la structure.

Coûts de création et de gestion

La création d'une SELARL engendre des frais initiaux : rédaction des statuts, frais d'enregistrement, inscription à l'ordre professionnel et immatriculation au RCS. Ces frais s'élèvent généralement entre 1 500 et 3 000 euros selon la complexité du dossier. La gestion annuelle (comptabilité, liasse fiscale, dépôt des comptes) représente entre 2 000 et 5 000 euros par an selon la taille de l'activité.

L'accompagnement PMC

Notre cabinet accompagne les professions libérales réglementées dans leur projet de création ou de passage en SELARL. L'étude d'opportunité est gratuite et sans engagement : elle comprend une simulation comparative EI vs SELARL sur votre situation réelle. Si le passage est décidé, nous prenons en charge la rédaction des statuts, la coordination des démarches et la mise en place de la gestion comptable et fiscale de la société.

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